Mis à jour le 05/09/2026
Oui, vous êtes concerné par la facturation électronique obligatoire, même si vous ne facturez que des particuliers. Vous devrez transmettre un e-reporting de vos ventes B2C à l'administration fiscale et, surtout, recevoir électroniquement toutes les factures de vos fournisseurs professionnels via une plateforme immatriculée.
L'erreur est fréquente : beaucoup d'entreprises qui vendent exclusivement aux particuliers pensent échapper à la réforme de la facturation électronique. En réalité, elles sont soumises à deux obligations distinctes prévues par l'article 153 de la loi de finances pour 2020, dont une s'applique universellement.
La première obligation concerne l'e-reporting : la transmission électronique à l'administration fiscale de données sur vos transactions avec les particuliers. La seconde, souvent méconnue mais absolue, impose la réception électronique de toutes les factures émises par vos fournisseurs professionnels.
Lorsque vous vendez à des particuliers (transactions B2C, business-to-consumer), vous n'émettez pas de facture électronique au sens de l'e-invoicing B2B. Vos tickets de caisse, reçus ou factures papier restent valables pour vos clients.
En revanche, vous devez transmettre à l'administration fiscale, via une plateforme de dématérialisation immatriculée par la DGFiP, un ensemble de données agrégées sur ces ventes. Cette obligation, définie par le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022, vise à alimenter le système de pré-remplissage de la TVA.
Ce que vous devez transmettre :
Ces données sont transmises sous forme de fichier structuré, dans un format défini par l'arrêté du 28 février 2023 relatif aux schémas de données. Vous ne transmettez pas le détail de chaque transaction, ni les données personnelles de vos clients.
Calendrier : le décret d'application du 1er septembre 2024 a reporté cette obligation. Les dates précises de mise en œuvre pour l'e-reporting B2C ne sont pas encore fixées à ce jour [à vérifier pour la date exacte de démarrage obligatoire].
Voici le point crucial, souvent ignoré : toute entreprise assujettie à la TVA en France, quel que soit son chiffre d'affaires, quelle que soit sa clientèle, doit être en mesure de recevoir électroniquement les factures de ses fournisseurs professionnels établis en France.
Cette obligation, prévue par l'article 289 bis du Code général des impôts dans sa rédaction issue de la loi de finances pour 2020, s'impose dès lors que votre fournisseur vous transmet une facture au format électronique structuré.
Concrètement :
Cette obligation est indépendante de votre propre clientèle. Même si vous ne vendez qu'à des particuliers, vos fournisseurs professionnels devront vous facturer électroniquement.
Calendrier : selon le décret du 1er septembre 2024, l'obligation de réception s'appliquera progressivement à partir du 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises émettrices, puis le 1er septembre 2027 pour toutes les autres. En pratique, vous devez être prêt à recevoir dès que vos premiers fournisseurs basculent.
1. Choix d'une plateforme
Vous devez choisir entre le Portail Public de Facturation (gratuit, géré par l'AIFE) et une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) privée. Ce choix dépend de votre volume de transactions, de votre logiciel de gestion et de vos besoins en automatisation. Les deux types de plateformes sont immatriculés par l'administration et garantissent l'interopérabilité.
2. Connexion de vos outils
Votre logiciel de caisse, de comptabilité ou votre ERP doit pouvoir se connecter à la plateforme choisie pour :
Si votre logiciel actuel n'offre pas cette connexion, vous devrez soit le mettre à jour, soit passer par une interface manuelle proposée par la plateforme.
3. Adaptation de vos processus
La réception électronique impose de revoir votre circuit de validation des factures fournisseurs. Les documents arrivent dans un format structuré, lisible par machine. Vous pouvez automatiser leur comptabilisation, leur rapprochement avec les bons de commande, leur archivage.
Cette automatisation représente un investissement initial mais génère des gains de temps et de fiabilité, même pour une petite structure.
4. Conservation et contrôle
Les factures électroniques reçues doivent être conservées sous forme électronique pendant le délai légal (six ans à compter de la dernière opération, selon l'article L. 123-22 du Code de commerce). La plateforme assure généralement cet archivage, mais vous restez responsable de pouvoir les produire en cas de contrôle fiscal.
Auto-entrepreneurs et micro-entrepreneurs
Si vous êtes en franchise en base de TVA (article 293 B du CGI), vous n'êtes pas assujetti à la TVA et n'êtes donc pas concerné par ces obligations. Ni e-reporting, ni réception électronique obligatoire. Tant que vous restez sous les seuils de la franchise, vous continuez à émettre et recevoir vos factures librement.
En revanche, dès que vous dépassez les seuils et devenez assujetti à la TVA, les obligations s'appliquent immédiatement.
Professions libérales réglementées
Certaines professions (avocats, professionnels de santé sous certaines conditions) bénéficient d'exemptions ou de régimes particuliers. Ces exemptions concernent principalement l'émission de factures électroniques vers d'autres professionnels. Elles ne dispensent généralement pas de la réception électronique des factures fournisseurs. Vérifiez votre situation auprès de votre ordre professionnel.
Ventes mixtes B2C et B2B
Si vous vendez à la fois aux particuliers et à des professionnels, vous cumulez les trois obligations :
La plateforme que vous choisirez devra gérer ces trois flux.