Mis à jour le 31/08/2026
La tolérance annoncée par la DGFiP pour 2026 porte uniquement sur l'émission de factures et ne dispense d'aucune obligation de réception ni d'inscription dans l'annuaire. Elle suppose que l'entreprise puisse démontrer qu'elle s'est mise en ordre de marche.
La Direction générale des Finances publiques a annoncé publiquement qu'elle adopterait une « posture pédagogique » pour la première année d'application de la facturation électronique obligatoire, à partir du 1er septembre 2026. Cette tolérance porte exclusivement sur l'émission de factures électroniques : l'administration ne sanctionnera pas, en 2026, une entreprise qui émet encore des factures papier ou PDF simple, à condition qu'elle soit manifestement engagée dans sa mise en conformité.
En revanche, cette tolérance ne dispense d'aucune obligation de réception. Dès le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA en France doit être capable de recevoir des factures électroniques au format structuré, via une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) immatriculée ou via le portail public de facturation (PPF). L'article 153 de la loi de finances pour 2024 maintient cette obligation sans aménagement.
De même, l'inscription dans l'annuaire des entreprises — nécessaire pour que les émetteurs puissent identifier le point de dépôt de vos factures — n'est couverte par aucune tolérance. Cette inscription est la condition technique pour que vos fournisseurs sachent où vous adresser leurs factures électroniques.
La tolérance ne s'applique pas de façon automatique. Elle suppose que l'entreprise puisse démontrer qu'elle a entrepris les démarches nécessaires et qu'elle progresse vers la conformité. Concrètement, cela signifie :
L'administration attend une trajectoire documentée, pas une conformité immédiate. C'est précisément ce que produit un diagnostic de conformité daté : il matérialise l'état d'avancement à un instant T et constitue une preuve recevable en cas de contrôle.
Plusieurs obligations restent pleinement applicables et contrôlables dès le 1er septembre 2026, sans tolérance annoncée :
En outre, même pour l'émission, la tolérance n'est pas un blanc-seing. Une entreprise qui n'a entrepris aucune démarche et qui attend passivement que 2027 arrive ne pourra pas se prévaloir d'une « posture pédagogique » de l'administration.
La tolérance annoncée ne figure dans aucun texte réglementaire opposable. Elle relève de déclarations publiques et de la doctrine administrative, qui peut évoluer. L'article 289 du Code général des impôts, modifié par l'ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021, impose la facturation électronique sans prévoir d'exception pour 2026. Le décret n° 2022-1299 du 7 octobre 2022 fixe les modalités techniques sans introduire de période de souplesse.
En d'autres termes, un contrôle fiscal diligent en 2026 pourrait sanctionner une entreprise non conforme, même si l'administration a annoncé qu'elle ne le ferait pas systématiquement. La tolérance est une ligne de conduite, pas un droit acquis. Elle peut être retirée, restreinte, ou appliquée de façon inégale selon les services.
Par ailleurs, même en l'absence de sanction administrative, une entreprise qui ne peut recevoir de factures électroniques perturbe ses relations commerciales. Ses fournisseurs, eux, peuvent être tenus d'émettre en électronique dès 2026 selon leur taille. Si vous n'êtes pas inscrit dans l'annuaire, ils devront choisir entre enfreindre la loi ou cesser de vous facturer normalement.
Face à un contrôle ou à un différend, une entreprise qui peut produire :
…se trouve dans une position juridique bien plus solide qu'une entreprise qui n'a rien documenté.
Ce dossier matérialise la bonne foi et l'engagement. Il transforme une situation de non-conformité passive en trajectoire de mise en conformité active. C'est ce que la tolérance couvre réellement : non pas l'inaction, mais l'effort documenté.
Le service etesvousconforme.fr produit précisément ce type de dossier : un état des lieux daté, un relevé des écarts, un plan d'action chiffré. Ce n'est pas une certification — qui n'existe pas légalement pour une entreprise assujettie — mais une preuve déclarative opposable.
Même si vous décidez de reporter à fin 2026 votre capacité d'émission électronique, deux chantiers doivent être menés dès maintenant :
1. L'inscription dans l'annuaire, qui nécessite le choix d'une plateforme (PDP ou PPF) et qui peut prendre plusieurs semaines une fois la décision prise, compte tenu des délais de contractualisation et de paramétrage.
2. La mise en place de la réception, qui implique souvent une adaptation de votre logiciel de comptabilité ou de gestion, une formation des équipes, et des tests avec vos principaux fournisseurs.
Ces deux points conditionnent la continuité de votre activité commerciale. Ils ne relèvent pas d'une obligation théorique que l'administration pourrait tolérer, mais d'une nécessité opérationnelle : si vous ne pouvez pas recevoir, vos fournisseurs ne pourront pas vous facturer conformément à la loi.